Étiquettes

, ,

singuliere-tristesse-gateau-citron

Verdict : atmosphère douce-amère sur fond de fantastique

Attirée par le titre puis intriguée par la quatrième de couverture, c’est avec impatience que je me suis plongée dans ce roman. Le synopsis est engageant : Rose découvre, le jour de ses neuf ans, qu’elle peut ressentir les émotions de ceux qui ont préparé la nourriture qu’elle goûte. Elle en fait la douloureuse expérience avec sa mère qui éprouve alors une grande tristesse, un vide existentiel. L’histoire est en apparence celle d’une famille « normale » qui possède en réalité des dons peu enviables et dont chaque membre pense être spécial et ne soupçonne pas les autres d’être né avec une particularité. Ce qui aurait pu être un livre sur une famille de super-héros qui découvre leurs capacités tour à tour et les exploite au profit du bien commun, comme il en existe tant dans les séries télévisées, est en réalité bien loin de toutes ces facilités.

En effet le récit est centré sur le personnage de Rose que l’on voit grandir et dont on suit l’évolution personnelle ainsi qu’en arrière fond celle de ses proches. Leurs dons que l’on devine au fur et à mesure semblent être des poids pour ces personnes que rien ne prédestinait à être différent. Si Rose lit dans les émotions des personnes dont elle goûte les plats, son grand-père les sentait littéralement, son frère se fond jusqu’à s’incarner en meuble et son père redoute les hôpitaux sachant qu’il se passerait quelque chose d’anormal dans ce lieu. Aucun d’entre eux ne voit l’utilité possible d’une telle capacité et chacun s’arrange comme il le peut de ce fardeau.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce livre c’est l’atmosphère douce-amère de l’histoire. Un quotidien où s’immisce par petites touches le fantastique sans que cela ne desserve la profondeur de ce roman, métaphore du passage difficile de l’enfance à l’âge adulte, de la découverte de son moi réel. Tristesse, mélancolie, mal de vivre y sont présents tout au long mais savamment distillés afin de ne pas peser sur le récit. Équilibre parfait entre mystère et chroniques d’un quotidien où il ferait meilleur être « normal ».

Titre : La singulière tristesse du gâteau au citron
Auteur : Aimee Bender
Traduction : Céline Leroy
Éditeur : Éditions de l’Olivier
Collection : Littérature étrangère
Date de parution : février 2013
Format : 20×14 cm
Nb pages : 343
Prix : 22.50 euros

Publicités