Sans retour, Patricia MacDonald

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sans retour

Verdict : manque de suspense

La quatrième de couverture laissait augurer un bon petit thriller : une jeune fille, Michèle, est assassinée après un bal, sa mère est effondrée puis elle se rend compte que son mari et son fils prennent leurs distances, sont sur la défensive lorsqu’elle évoque sa fille et n’ont aucun mal à reprendre le cours de leur vie comme si rien ou presque ne s’était passé. Alors que le meurtrier court toujours, le shérif ne semble pas très enclin à le retrouver rapidement. Lillie, la mère de Michèle, s’engage donc dans une quête de la vérité dont elle ne sortira pas indemne.

Dès le départ, l’histoire manque de rythme voire même se perd dans des longueurs inutiles, on ne s’attache pas aux personnages sans relief, les rebondissements tardent à venir et finissent par devenir prévisibles, la révélation finale n’en est pas vraiment une puisque l’on avait déjà tout compris bien avant. Au final, on s’ennuie au point de laisser de côté ce thriller en cours de route pour lire des choses un peu plus palpitantes en se disant qu’après tout l’écriture est assez basique, l’intrigue trop étalée et qu’en définitive on se fiche de ce qui a bien pu arriver à cette pauvre fille.

Titre : Sans retour
Auteur : Patricia MacDonald
Éditeur : Lgf
Collection : Le livre de poche, Thriller, n°7587
Date de parution : mai 1992
Nb pages : 377
Prix : 6.60 euros

Le meilleur des mondes possibles, Ray Bradbury

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bradbury le meilleur des mondes possibles

Verdict : Savant mélange de fantastique et de poétique!

Cinq nouvelles aux univers différents qui nous donnent un aperçu de l’étendue de l’imagination et de la qualité d’écriture de Ray Bradbury, auteur des Chroniques martiennes et de Farenheit 451.

Quand le fantastique se mêle avec génie au poétique ce sont des textes surprenants, qui nous amènent là où on ne les attend pas en nous proposant un regard différent sur le monde à la limite de l’étrange mais toujours bienveillant.

L’écriture est riche de métaphores, profonde, empreinte de poésie même lorsque la nouvelle est plus orientée vers le fantastique. Bradbury ne tombe jamais dans les facilités de l’un ou l’autre genre mais les manipule avec virtuosité pour en créer un autre, le sien. Quel que soit le thème de l’histoire, l’auteur sait nous laisser songeur par une chute ambiguë et qui fait souvent naître l’esquisse d’un sourire sur le visage du lecteur.

Titre : Le meilleur des mondes possibles
Auteur : Ray Bradbury
Éditeur : Gallimard
Collection : Folio 2€
Date de parution : avril 2010
Nb pages : 128
Prix : 2 euros

 

L’amour dure trois ans

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Couverture du livre L'amour dure trois ans

Couverture du livre L’amour dure trois ans

Verdict : purement commercial

Roman autobiographique à peine voilé, L’amour dure trois ans raconte la théorie du narrateur, Marc Marronnier (Frédéric Beigbeder), selon laquelle les histoires d’amour ont une durée de vie qui ne peut excéder trois ans, preuve en est son tout récent divorce. Tout au long du roman il tente de nous démontrer, sous couvert d’un soupçon de biologie, que passée cette période au cours de laquelle l’amour s’est lentement détérioré, la séparation est inévitable. Si l’idée de départ est plaisante, l’écriture de Beigbeder l’est beaucoup moins.

En effet, dès le départ nous sommes plongés dans ce qu’est censé être le quotidien d’un critique littéraire et chroniqueur mondain à savoir des orgies, beuveries et de la débauche à tout va. Ajoutés à cela un cynisme écœurant, une histoire d’adultère, un langage cru et une écriture plus que moyenne et l’espoir retombe. Malgré quelques bons passages et des vérités que chacun pourra admettre, on se dit qu’il n’y a pas de fatalité, que des choix.

Au final, on prend rapidement en aversion ce personnage paumé, désillusionné, pathétique et bien imbibé puisque, se dit-on, il a bien mérité ce qui lui arrive et notamment l’abandon de sa maîtresse qui préfère rester avec son mari plutôt qu’avec ce « pauvre mec ». On espère de tout cœur qu’il ne renouera pas avec son ex femme pour son bien à elle et on se demande également quand on aura enfin fini cette lecture ! Livre refermé, qu’en reste-t-il ? Une perte de temps même si on l’a lu dans le métro, une perte de temps, la probabilité qu’on ne lira plus cet « auteur » ou plutôt ce produit marketing.

Titre : L’amour dure trois ans
Auteur : Frédéric Beigbeder
Éditeur : Lgf
Collection : Le livre de poche, n°32653
Date de parution : mai 2012
Nb pages : 194
Prix : 5.90 euros

Le Donjon de Naheulbeuk, Tome 1, Première saison, Partie 1

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Couverture de la BD

Couverture de la BD

Verdict : désopilant!

Le premier tome de cette série présente tous les ingrédients d’une vraie réussite.
Une improbable bande d’anti-héros composée d’un ranger érigé en chef de fortune, un ogre dont la langue n’est compréhensible que par une magicienne intarissable sur ses sorts, un barbare brutal , un nain exécrable qui abhorre les elfes et particulièrement sa coéquipière blonde et sexy dont les flèches manquent toujours leur cible et un voleur un tantinet peureux et qui sera rapidement victime d’une porte piégée, tous réunis dans une quête pour trouver une amulette. L’idée de départ est assez simple mais le traitement recèle d’abondantes trouvailles.
Les héros ne cessent de se chamailler les insultes et les coups pleuvent, les remarques assassines fusent sans pour autant choquer le lecteur qui rit à gorge déployée.
Car en effet, cette bande dessinée est avant tout très drôle et on sent que l’auteur a pris beaucoup de plaisir à créer des personnages à la fois totalement loufoques et très attachants et des situations rocambolesques dont ils se sortent presque toujours sans mal.
Le concept de cette série repose aussi sur les principes du jeu vidéo où, au fur et à mesure de leur avancée et de leurs actions, les héros gagnent des objets (pas toujours utiles), de l’intelligence (ce n’est pas de trop !), des niveaux… On s’amuse également de la présence de clichés tour à tour poussés à leur paroxysme ou au contraire détournés, des méchants pas toujours trop méchants (il faut bien qu’ils réussissent à passer leur étape !) et des surprises (ou pas) que l’on trouve derrière chaque porte.

Une excellente découverte que ce premier tome qui donne envie de lire les suivants pour encore plus de fous rire !

planche intérieure

Titre : Le Donjon de Naheulbeuk, tome 1, première saison, partie 1
Auteur : John Lang
Dessinateur : Marion Poinsot
Éditeur : Clair de Lune
Collection : Sortilège
Date de parution : janvier 2005
Format : 23×32 cm
Nb pages : 48
Prix : 13.50 euros

Tout ce qu’il voudra, tome 1

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Couverture du livre Tout ce qu'il voudra

Couverture du livre Tout ce qu’il voudra

Verdict : pathétique!

La maison d’édition Marabout a choisi de publier cette histoire érotique en la scindant en cinq parties dont voici l’entrée en matières. Un petit format de soixante pages probablement pour tenir le lecteur en haleine et faire au passage un maximum de profit ou bien pour abréger les souffrances des autres ! Car en effet, malgré les quelques minutes nécessaires pour en venir à bout quelle hâte d’en finir !

Un scénario digne des pires films érotiques simplement pour « justifier » des scènes de sexe un peu bestial où l’homme ne cesse de grogner et la femme n’oppose aucune résistance : pathétique ! Je résume : une employée intérimaire d’une grande firme croise tous les matins dans un ascenseur un homme charismatique jusqu’au jour où, se retrouvant seuls dans ledit ascenseur, notre Christian bis (ah oui il fait avoir lu 50 nuances de Grey pour se rendre compte que l’on a affaire à une très pâle copie alors même que l’on se demande comment l’original a pu devenir un best seller !) se plaque contre elle lui faisant ressentir son « membre tumescent » pour lui faire ensuite connaître l’orgasme de sa vie. Il faut dire que Lucy est loin d’être une experte en sexe et que cet assaut imprévu révolutionne son quotidien bien peu palpitant. Bien évidemment, tout ceci se passe sans qu’une parole ne soit échangée et sans que notre « héroïne » n’oppose la moindre résistance.
Comme si cela ne suffisait pas, nous avons droit à une seconde scène, à la sortie de son travail, lorsque Lucy traverse le parking de la firme, un homme (le même) se jette sur elle et la viole pratiquement. Ah non pardon, le sombre inconnu lui demande vaguement son accord, l’honneur est sauf !
Finalement, le suspens insoutenable est levé le lendemain lorsque l’intérimaire est amenée dans le bureau du grand patron et surprise ! Elle découvre que c’est l’homme qui n’arrête pas de se la taper depuis la veille. On ne s’en doutait pas une minute ! Le contrat de Lucy arrivant à son terme (comme par hasard) il lui soumet une « opportunité » d’emploi, elle pourrait devenir « son assistante TRES personnelle ». Après une rapide confrontation avec sa conscience, Lucy accepte puisqu’après tout c’est la crise et qu’il faut bien payer son loyer! Il lui fait alors passer un « entretien pratique », conscience professionnelle oblige, et la sodomise sur son bureau. On hésite entre rire nerveusement et lever les yeux au ciel tant c’est peu crédible.

Finalement on ne retiendra que la couverture attrayante de cette arnaque, pour le reste passez votre chemin !

Titre : Tout ce qu’il voudra, tome 1
Auteur : Sara Fawkes
Éditeur : Marabout
Collection : Poche littérature
Date de parution : octobre 2012
Nb pages : 64
Prix public : 3.99 euros

L’Enfant silence

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Couverture du livre L'Enfant silence

Couverture du livre L’Enfant silence

Verdict : subtil, émouvant, poétique

C’est avec subtilité que l’album L’enfant Silence dépeint l’univers de la maltraitance des enfants. Ce projet naît en 2005 d’une exposition peinture où le tableau « L’enfant silence » d’Odile Aillet inspire un texte délicat à Cécile Roumiguière bientôt rejointe par Benjamin Lacombe qui donnera vie et profondeur à cet album. Après Cerise Griotte en 2006 et Les amants papillons en 2007, l’illustrateur a su insuffler à l’histoire une mélancolie à la fois palpable et oppressante. Les couleurs sombres à dominante rouge et un décor dépouillé entourent une petite fille qui ne parle pas, qui ne sourit pas, qui tait un secret. Elle évolue dans une tanière au milieu de loups qui lui font vivre des « jours rouges » mais qu’elle aime tout de même et dont elle ne veut pas être séparée. Pourtant, un jour, elle découd la bouche de sa poupée et se met à raconter. L’auteur a su apporter au texte toute sa sensibilité, loin des descriptions réalistes de la souffrance de l’enfant, elle use d’images comme « les colliers de mots » que la fillette confectionne afin de retrouver la parole. Poésie visuelle et textuelle sont à l’œuvre dans cet album jeunesse émouvant encensé par la critique.

enfant assise sur le sofa

enfant assise sur le sofa

intérieur, enfant recousant sa            poupée

intérieur, enfant recousant sa poupée

Titre : L’Enfant silence
Auteur : Cécile Roumiguière
Illustrateur : Benjamin Lacombe
Éditeur : Seuil jeunesse
Collection : Album jeunesse
Date de parution mars 2008
Format : 21×22
Nb pages : 24
Prix public : 13.20 euros